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Guide complet 1 février 2026· Mis à jour 9 mars 2026· 30 min de lecture

La retraite de base des salariés du privé : guide complet

Vous êtes salarié du secteur privé ? Votre retraite de base est gérée par la CNAV (ou votre Carsat régionale). C'est le premier pilier de votre pension, calculé sur vos 25 meilleures années de salaire.

SAM, taux de liquidation, durée d'assurance, minimum contributif, surcote : ce guide décortique chaque mécanisme avec les chiffres officiels 2026 et des exemples concrets.

Sommaire de l'article
  1. Comment fonctionne la retraite de base ?
  2. Âge de départ
  3. Calcul de la pension
  4. Cotisations 2026
  5. Minimum contributif
  6. Exemple chiffré
  7. Réversion
  8. Cumul emploi-retraite
  9. Retraite progressive
  10. Optimiser
  11. Prélèvements sociaux
  12. Démarches
  13. Limites
  14. Résumé

Vous êtes salarié du secteur privé et vous vous interrogez sur votre future pension ? La retraite de base des salariés est gérée par le régime général de la Sécurité sociale, via la Cnav (Caisse nationale d'assurance vieillesse) et les Carsat en région. C'est le socle de votre pension, auquel s'ajoute obligatoirement la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Un système en apparence simple — 50 % de vos 25 meilleures années — mais dont les subtilités (décote, surcote, proratisation, minimum contributif) méritent une attention particulière.

La bonne nouvelle : le système offre des leviers d'optimisation pour ceux qui savent les utiliser. La moins bonne : une erreur sur le relevé de carrière, un mauvais timing de départ, et la perte peut se chiffrer en dizaines de milliers d'euros sur la durée de la retraite. Ce guide vous explique tout ce qu'il faut savoir pour préparer sereinement votre retraite de salarié du privé, avec les chiffres à jour 2026.

Comment fonctionne la retraite de base des salariés du privé ?

La retraite d'un salarié du secteur privé repose sur deux régimes obligatoires, complémentaires par nature :
Retraite de base (Régime général) Retraite complémentaire (Agirc-Arrco)
Obligatoire pour tous les salariés du privé Obligatoire pour tous les salariés du privé (cadres et non-cadres)
Gérée par la Cnav / Carsat Gérée par l'Agirc-Arrco
Calcul basé sur le salaire annuel moyen (25 meilleures années) Calcul basé sur un système de points
Part variable selon le salaire : de ~80 % (salaire modeste, proche du SMIC) à ~20 % (cadre supérieur au-delà du PASS) Part variable selon le salaire : de ~20 % (salaire modeste) à ~80 % (cadre supérieur au-delà du PASS)
Pension maximale : 2 002,50 €/mois brut (2026) Valeur du point : 1,4386 € (2025, gel jusqu'à l'automne 2026)

📊 Composition de votre pension de salarié du privé

20 à 80%

Retraite de base Cnav / Carsat

+

80 à 20%

Retraite complémentaire Agirc-Arrco

=

100%

Pension totale

La répartition varie fortement selon le niveau de salaire. Pour un salarié au SMIC, la retraite de base (Cnav) représente environ 80 % de la pension totale, car la complémentaire Agirc-Arrco pèse peu. À l'inverse, pour un cadre supérieur dont le salaire dépasse largement le Plafond de la Sécurité sociale (PASS), la base est plafonnée à 2 002,50 €/mois : c'est alors l'Agirc-Arrco qui constitue la majeure partie de la pension (jusqu'à 80 %).

⚠️ Cet article traite uniquement de la retraite de base

La retraite complémentaire Agirc-Arrco fonctionne selon des règles différentes (système par points, valeur de service, coefficients de solidarité). Elle fait l'objet d'un article dédié. Les fonctionnaires, les indépendants et les professions libérales relèvent de régimes distincts.

À quel âge un salarié du privé peut-il partir à la retraite ?

La réforme des retraites de 2023 a modifié l'âge légal de départ, qui passe progressivement de 62 à 64 ans. Toutefois, la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a instauré un décalage d'un trimestre du calendrier de montée en charge pour les générations 1964 à 1968, applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Tableau des âges de départ (avec suspension LFSS 2026)

Année de naissance Âge légal (LFSS 2026) Trimestres requis Âge taux plein auto.
Du 01/01/1955 au 31/08/1961 62 ans 167* 67 ans
Du 01/09/1961 au 31/12/1961 62 ans et 3 mois 169 67 ans
1962 62 ans et 6 mois 169 67 ans
1963 62 ans et 9 mois 170 67 ans
1964 62 ans et 9 mois ❄️ (au lieu de 63 ans) 170 ❄️ (au lieu de 171) 67 ans
1965 (janv. à mars) 62 ans et 9 mois ❄️ (au lieu de 63 ans 3 mois) 170 ❄️ (au lieu de 172) 67 ans
1965 (avril à déc.) 63 ans ❄️ (au lieu de 63 ans 3 mois) 171 ❄️ (au lieu de 172) 67 ans
1966 63 ans et 3 mois ❄️ (au lieu de 63 ans 6 mois) 172 67 ans
1967 63 ans et 6 mois ❄️ (au lieu de 63 ans 9 mois) 172 67 ans
1968 63 ans et 9 mois ❄️ (au lieu de 64 ans) 172 67 ans
À compter de 1969 64 ans 172 67 ans

*167 trimestres pour les assurés nés entre 1958 et 1960 ; 168 trimestres pour les assurés nés du 01/01/1961 au 31/08/1961. ❄️ Paramètres modifiés par la LFSS 2026 (applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026). Source : lassuranceretraite.fr.

💡 Impact de la suspension LFSS 2026

La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) décale d'un trimestre l'âge légal de départ pour les générations 1964 à 1968. Pour les générations 1964 et 1965 (janv.-mars), la durée d'assurance est également réduite (respectivement 170 et 170 trimestres au lieu de 171 et 172). Pour les 1965 (avril-déc.), la durée passe à 171 au lieu de 172. Pour les générations 1966, 1967 et 1968, seul l'âge est décalé d'un trimestre (la durée reste à 172). Les assurés nés à compter de 1969 restent soumis à l'âge de 64 ans et 172 trimestres. Cette suspension s'applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 : les départs antérieurs restent soumis aux règles précédentes.

Les dispositifs de départ anticipé

Certaines situations permettent de partir avant l'âge légal :
Dispositif Âge possible Conditions principales
Carrière longue 58 à 63 ans Avoir commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans et justifier de la durée de cotisation requise
Handicap 55 ans Taux d'incapacité permanente d'au moins 50 % et durée d'assurance cotisée suffisante
Inaptitude au travail 62 ans Reconnaissance d'inaptitude par le médecin-conseil de la caisse
Pénibilité (C2P) Jusqu'à 2 ans avant l'âge légal Utilisation des points acquis via le compte professionnel de prévention
Incapacité permanente (AT/MP) 60 ans Taux d'incapacité permanente d'au moins 20 % (ou 10 % sous conditions)

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Comment est calculée la pension de base des salariés du privé ?

Pension de base = SAM × Taux de liquidation × (Durée d'assurance au régime général ÷ Durée de référence)

Trois éléments déterminent le montant de votre pension de base. Chacun mérite d'être compris en détail.

1. Le Salaire Annuel Moyen (SAM)

Le SAM est la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire brut, revalorisées par des coefficients fixés chaque année par la Cnav. Chaque salaire annuel est plafonné au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) de l'année considérée.
Paramètre Valeur 2026
Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) 48 060 €
Plafond Mensuel (PMSS) 4 005 €
SAM maximal possible Moyenne des 25 PASS revalorisés
Pension maximale (50 % du PASS) 2 002,50 €/mois brut (24 030 €/an)

💡 Les règles clés du SAM

Seules les années ayant donné lieu à la validation d'au moins un trimestre sont retenues. L'année de départ en retraite est toujours exclue. Si vous avez cotisé moins de 25 ans au régime général, le SAM est calculé sur toutes vos années. Les indemnités journalières de congé maternité sont reportées au compte selon des modalités qui ont évolué dans le temps : pour les congés maternité à compter de 2012, les IJ sont reportées sur la base d'un salaire forfaitaire reconstitué (et non le montant brut des IJ). Pour les périodes antérieures à 2012, le report se faisait différemment. Les allocations chômage et indemnités maladie ne sont pas prises en compte dans le SAM (mais elles peuvent valider des trimestres).

💡 NOUVEAUTÉ 2026 : le SAM des mères

La LFSS 2026 prévoit une amélioration du calcul pour les femmes : le SAM sera calculé sur les 24 meilleures années pour les mères d'un enfant, et sur les 23 meilleures années pour celles ayant deux enfants ou plus. Cette mesure vise à réduire l'impact des interruptions de carrière liées à la maternité sur le montant de la pension.

⚠️ La LURA : liquidation unique pour les polypensionnés

Depuis 2017, les assurés nés à partir de 1953 ayant cotisé successivement ou simultanément au régime général (Cnav), au régime des salariés agricoles (MSA) et au régime des indépendants bénéficient d'une liquidation unique. Leur pension est calculée comme s'ils avaient relevé d'un seul régime, ce qui permet de retenir les 25 meilleures années sur l'ensemble de ces trois régimes « alignés ».

2. Le taux de liquidation

Le taux maximal est de 50 % du SAM. C'est le fameux « taux plein ». Il est obtenu si vous remplissez l'une des conditions suivantes :
  • Vous avez atteint l'âge légal et validé le nombre de trimestres requis pour votre génération (tous régimes confondus)
  • Vous avez atteint 67 ans, quel que soit votre nombre de trimestres
  • Vous bénéficiez d'un dispositif spécifique (inaptitude, invalidité, handicap, etc.)

Décote et surcote

Mécanisme Taux Conditions
Décote - 0,625 % sur le taux (soit 1,25 % sur la pension) par trimestre manquant Départ avant 67 ans sans le nombre de trimestres requis. Maximum 20 trimestres de décote. Taux plancher réglementaire : 37,5 %
Surcote + 1,25 % par trimestre civil supplémentaire Poursuite d'activité au-delà de l'âge légal et du nombre de trimestres requis. Pas de plafond

💡 Comment est calculé le nombre de trimestres manquants pour la décote ?

On retient le chiffre le plus favorable entre : le nombre de trimestres manquants par rapport à la durée d'assurance requise pour votre génération, ou le nombre de trimestres séparant votre date de départ de votre 67e anniversaire. Cette règle limite la décote pour les personnes proches de l'âge du taux plein automatique.

Conséquence pratique : le taux plancher réglementaire est de 37,5 %, mais le taux plancher effectif dépend de votre âge de départ. À 62 ans, il reste 20 trimestres avant 67 ans : le taux peut descendre jusqu'à 37,5 %. À 64 ans, il ne reste que 12 trimestres avant 67 ans : le taux ne peut pas descendre en dessous de 42,5 % (50 % - 12 × 0,625 %). Plus vous partez tard, moins la décote peut être sévère.

3. Le coefficient de proratisation

Même avec un taux plein, votre pension peut être réduite si vous n'avez pas validé tous vos trimestres au régime général. La pension est alors calculée au prorata de votre durée d'assurance dans ce régime par rapport à la durée de référence.

Coefficient de proratisation = Trimestres validés au régime général ÷ Durée de référence (max. 172 trimestres pour les nés à partir de 1966)

⚠️ Attention à la distinction

La décote porte sur le taux et se calcule sur les trimestres tous régimes confondus. La proratisation porte sur la durée d'assurance au régime général uniquement. Un polypensionné peut donc avoir le taux plein (172 trimestres tous régimes) mais une pension proratisée dans chaque régime.

Quels sont les taux de cotisation retraite de base en 2026 ?

Cotisation Assiette Part salariale Part patronale Total
Vieillesse plafonnée Jusqu'à 1 PASS (4 005 €/mois) 6,90 % 8,55 % 15,45 %
Vieillesse déplafonnée Totalité du salaire 0,40 % 2,11 % 2,51 %

💡 Cotisation déplafonnée : solidarité sans droits supplémentaires

La cotisation vieillesse déplafonnée s'applique sur la totalité du salaire, y compris au-delà du PASS. Cependant, elle ne génère pas de droits supplémentaires à la retraite de base. La pension est toujours plafonnée à 50 % du PASS. Cette cotisation relève de la solidarité du système. La part patronale déplafonnée est passée de 2,02 % à 2,11 % au 1er janvier 2026 (décret n° 2025-1446 du 31 décembre 2025), dans le cadre de l'échange de taux avec la cotisation AT/MP prévu par la réforme de 2023. La part salariale reste inchangée à 0,40 %.

Validation des trimestres

Un trimestre ne correspond pas à trois mois de travail effectif. Il est validé dès lors que votre rémunération brute atteint un seuil minimal :
Nombre de trimestres Rémunération brute minimale en 2026
1 trimestre 1 803 € (150 × Smic horaire)
2 trimestres 3 606 €
3 trimestres 5 409 €
4 trimestres 7 212 € (600 × Smic horaire)

Source : Circulaire Cnav 2025/33 du 23 décembre 2025. Smic horaire 2026 : 12,02 €.

💡 Trimestres « cotisés » vs trimestres « assimilés »

Les trimestres cotisés sont ceux au cours desquels vous avez effectivement travaillé et cotisé. Les trimestres assimilés sont attribués pour des périodes d'interruption involontaire (chômage indemnisé, maladie, maternité, service militaire, invalidité). La distinction est cruciale : seuls les trimestres cotisés comptent pour le minimum contributif majoré (120 trimestres cotisés requis) et pour le dispositif de carrière longue.

Qu'est-ce que le minimum contributif ?

Si votre pension calculée est trop faible malgré une carrière complète, le minimum contributif (MiCo) vient garantir un plancher.
Type Montant brut mensuel (2026) Condition
MiCo de base 756,29 € Retraite liquidée à taux plein
MiCo majoré 903,93 € Taux plein + au moins 120 trimestres cotisés
Plafond toutes retraites 1 410,89 € Le MiCo est réduit si le total des pensions dépasse ce seuil

Source : Circulaire Cnav 2025/33 du 23 décembre 2025. Le MiCo est indexé sur l'évolution du Smic depuis la réforme de 2023.

⚠️ Ne confondez pas MiCo et ASPA

Le minimum contributif est un droit contributif : il suppose d'avoir cotisé et d'obtenir le taux plein. Il n'est pas récupérable sur la succession. L'ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées, ex-minimum vieillesse, 1 043,59 €/mois en 2026 pour une personne seule) est une aide sociale sous condition de ressources, récupérable sur la succession au-delà de 100 000 €.

Combien touche un salarié du privé à la retraite de base ?

📋 Profil : Claire, cadre dans l'industrie

Née en 1964, départ à 62 ans et 9 mois (âge légal LFSS 2026 à compter de septembre 2026) • Carrière complète de 170 trimestres au régime général • SAM de 38 000 € (salaire plafonné)

Formule 38 000 € × 50 % × (170/170) 19 000 €/an
Pension de base brute 19 000 €/an soit 1 583 €/mois brut

Après prélèvements sociaux (9,10 % pour un retraité au taux normal de CSG), la pension nette serait d'environ 17 271 €/an soit 1 439 €/mois.

📋 Profil : Marc, carrière hachée

Né en 1964, départ à 62 ans et 9 mois • 155 trimestres au régime général (15 trimestres manquants) • SAM de 28 000 €

Trimestres manquants pour le taux plein 170 - 155 = 15 trimestres (tous régimes confondus)
Trimestres avant 67 ans 67 ans - 62 ans et 9 mois = 17 trimestres
On retient le plus favorable 15 trimestres (décote de 15 × 0,625 % = 9,375 %)
Taux minoré 50 % - 9,375 % = 40,625 %
Formule 28 000 € × 40,625 % × (155/170) 10 370 €/an
Pension de base brute 10 370 €/an soit 864 €/mois brut

La double pénalité est visible : la décote réduit le taux ET la proratisation réduit le montant. Marc perd 8 630 €/an par rapport à un départ à taux plein avec carrière complète sur le même SAM.

💡 Majoration pour enfants

Si vous avez eu ou élevé au moins 3 enfants pendant 9 ans avant leur 16e anniversaire, votre pension de base est majorée de 10 %. Cette majoration peut conduire à dépasser le plafond de 2 002,50 €/mois.

Quelles sont les règles de réversion du régime de base ?

Taux de réversion 54 % de la pension du défunt (ou qu'il aurait perçue)
Âge minimum 55 ans
Durée de mariage Aucune durée minimale
Conditions de ressources (2026) 24 710,40 € seul / 39 536,64 € en couple
Remariage Réversion conservée (contrairement à l'Agirc-Arrco)
Partage entre ex-conjoints Au prorata de la durée de chaque mariage

⚠️ PACS et concubinage : aucun droit

La pension de réversion n'est accordée qu'au conjoint marié (ou ex-conjoint non remarié pour certains régimes complémentaires). Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit à réversion, ni pour la retraite de base, ni pour l'Agirc-Arrco. Un point de vigilance essentiel en matière de planification patrimoniale.

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Peut-on cumuler emploi et retraite au régime de base ?

Les règles actuelles (jusqu'au 31 décembre 2026)

Cumul intégral : possible sans plafond si toutes les pensions ont été liquidées ET le taux plein a été atteint (durée d'assurance complète ou 67 ans). Cumul plafonné : si les conditions du cumul intégral ne sont pas remplies, les revenus d'activité reprise sont plafonnés (dernier salaire ou 160 % du Smic, le plus favorable). Un délai de carence de 6 mois s'applique en cas de reprise chez le même employeur. Depuis la réforme de 2023, le cumul emploi-retraite intégral permet d'acquérir de nouveaux droits à la retraite, donnant lieu à une seconde pension liquidée ultérieurement (plafonnée à 5 % du PASS).

La réforme du cumul emploi-retraite au 1er janvier 2027

🔔 NOUVEAUTÉ 2027 : Réforme majeure du cumul emploi-retraite

La LFSS 2026 réforme en profondeur le cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2027. Les nouvelles règles s'appliqueront aux personnes dont la première pension prend effet à partir de cette date.

Situation Règle applicable à partir de 2027
Avant l'âge légal 100 % des revenus déduits de la pension (cumul quasi impossible)
Entre l'âge légal et 67 ans 50 % des revenus dépassant un seuil (~7 000 €/an) déduits de la pension
À partir de 67 ans Cumul intégral sans plafond + acquisition de nouveaux droits

💡 Conseil stratégique

Si vous envisagez de cumuler votre pension avec des revenus d'activité et que vous pouvez liquider votre retraite avant le 31 décembre 2026, les règles actuelles (plus avantageuses) continueront de s'appliquer. Le délai de carence de 6 mois est supprimé à partir de 2027.

Comment fonctionne la retraite progressive pour les salariés ?

Depuis la réforme de 2023, la retraite progressive est accessible dès 60 ans (quelle que soit l'année de naissance), à condition de justifier de 150 trimestres d'assurance retraite tous régimes confondus. Ce dispositif permet de réduire son temps de travail (entre 40 % et 80 % d'un temps complet) tout en percevant une fraction de sa pension. La pension est ensuite recalculée définitivement au départ effectif.

Comment optimiser sa retraite de base ?

1. Le rachat de trimestres

Vous pouvez racheter des trimestres au titre des années d'études supérieures ou des années incomplètes, dans la limite de 12 trimestres. Deux options : rachat pour le « taux seul » (supprimer la décote) ou rachat « taux + durée » (supprimer la décote et améliorer la proratisation). Le coût dépend de votre âge, de vos revenus et de l'option choisie. Une simulation personnalisée est indispensable pour évaluer la rentabilité.

2. La surcote

Chaque trimestre civil travaillé au-delà de l'âge légal et du nombre de trimestres requis génère une surcote de 1,25 % sur la pension de base. Soit 5 % de plus par an. Un levier puissant, surtout combiné avec l'acquisition de points Agirc-Arrco supplémentaires.

3. Vérifier son relevé de carrière

Les erreurs sont fréquentes : trimestres non reportés, salaires mal enregistrés, périodes de chômage ou de maladie oubliées. Un audit du relevé de carrière permet de détecter et corriger ces anomalies avant la liquidation, car les corrections sont beaucoup plus difficiles ensuite.

4. Choisir la bonne date de départ

Un départ au 1er janvier n'est pas toujours optimal. Selon votre situation, décaler de quelques mois peut permettre de valider un trimestre supplémentaire, d'éviter une décote, ou de bénéficier d'une surcote. Chaque cas est différent.

5. L'épargne complémentaire

En complément des régimes obligatoires : Plan d'Épargne Retraite (PER) avec déductibilité fiscale, assurance-vie, immobilier locatif pour générer des revenus complémentaires et réduire le taux de remplacement.

Quels prélèvements sociaux sur la pension de base ?

Votre pension brute est soumise aux prélèvements suivants :
Prélèvement Taux normal (2026)
CSG 8,30 %
CRDS 0,50 %
CASA 0,30 %
TOTAL 9,10 %

Des taux réduits ou des exonérations s'appliquent selon votre revenu fiscal de référence (RFR). Quatre taux de CSG existent : exonéré (0 %), réduit (3,80 %), médian (6,60 %) et normal (8,30 %).

Quelles démarches pour liquider sa retraite de base ?

✅ 2 ans avant Créer votre espace sur info-retraite.fr, vérifier votre relevé de carrière, utiliser le simulateur M@rel
✅ 12 mois avant Corriger les éventuelles erreurs sur le relevé, estimer votre pension, envisager un rachat de trimestres si pertinent
✅ 6 mois avant Déposer votre demande de retraite en ligne sur lassuranceretraite.fr (une seule demande pour la base et la complémentaire)
✅ Pièces justificatives Pièce d'identité, acte de naissance, livret de famille, derniers bulletins de salaire, relevés de carrière, RIB
✅ Date d'effet Toujours fixée au 1er jour du mois suivant la date de cessation d'activité (ou la date choisie si postérieure à la cessation)

💡 Le service en ligne unique

Depuis info-retraite.fr, vous pouvez effectuer une demande unique de retraite qui est transmise simultanément à l'ensemble de vos caisses (base et complémentaire). Plus besoin de multiplier les démarches. Votre espace personnel vous permet également de suivre l'avancement de votre dossier.

Quelles sont les limites du régime de base ?

❌ Ce que vous ne pouvez PAS faire :

  • Dépasser la pension maximale de 2 002,50 €/mois (hors surcote et majoration enfants)
  • Prendre en compte les salaires au-delà du PASS dans le calcul du SAM
  • Racheter plus de 12 trimestres d'études ou d'années incomplètes
  • Bénéficier du minimum contributif sans avoir liquidé à taux plein
  • Obtenir une réversion en cas de PACS ou concubinage
  • Annuler une décote après la liquidation (elle est définitive)
  • Cumuler sans limite avant 67 ans à partir de 2027 (nouvelles règles de plafonnement)

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Que retenir de la retraite de base des salariés du privé ?

La retraite de base des salariés du secteur privé constitue le socle de votre pension. Avec un plafond à 2 002,50 €/mois en 2026, elle ne suffit généralement pas à maintenir votre niveau de vie, d'où l'importance de la complémentaire Agirc-Arrco et de l'épargne individuelle. Les points clés à retenir :
  • ✅ La pension de base = SAM × Taux × Proratisation, avec un taux plein de 50 %
  • ✅ L'âge légal est décalé d'un trimestre pour les générations 1964 à 1968 (LFSS 2026, applicable au 1er sept. 2026). Les nés en 1969 et après restent à 64 ans
  • ✅ La décote est de 0,625 % par trimestre manquant sur le taux, définitive et irréversible
  • ✅ La surcote de 1,25 % par trimestre est un levier puissant pour ceux qui prolongent l'activité
  • ✅ Le minimum contributif majoré atteint 903,93 €/mois en 2026 (120 trimestres cotisés requis)
  • ✅ La réforme du cumul emploi-retraite 2027 durcit significativement les règles avant 67 ans
  • Vérifiez votre relevé de carrière : les erreurs sont fréquentes et coûteuses
Ne laissez pas le hasard décider du montant de votre pension. Chaque trimestre compte. Chaque mois de départ peut faire la différence.

Article publié par Transition Retraite — Février 2026 Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Les informations sont basées sur la législation en vigueur au moment de la rédaction (LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).

Sources officielles :L'Assurance retraite (Cnav)Agirc-Arrco – Retraite complémentaire des salariésInfo-retraite.fr – Le portail inter-régimesService-public.fr – Décote retraite du salariéCirculaire Cnav 2025/29 – Revalorisation au 1er janvier 2026Circulaire Cnav 2025/33 – Incidences du Smic 2026Vie-publique.fr – LFSS 2026 (suspension réforme des retraites)Légifrance

Articles connexes sur Transition Retraite :Pourquoi faire un bilan retraite ?La retraite des professions libérales : guide completLe système de retraite du notaire libéral

Sources officielles

Article publié par Transition Retraite — Février 2026, mis à jour mars 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé.

Questions fréquentes

Comment est calculée la pension de base ?
Pension = SAM × Taux × (Durée / Durée requise). Le SAM est la moyenne des 25 meilleures années revalorisées. Le taux plein est de 50 %. La pension maximale est d'environ 2 003 €/mois en 2026.
Qu'est-ce que le minimum contributif ?
C'est un plancher de pension pour les assurés au taux plein. En 2026, il atteint environ 747 €/mois (majoré) pour une carrière complète intégralement cotisée.
Combien de trimestres faut-il pour le taux plein ?
Entre 167 et 172 trimestres selon votre année de naissance. La LFSS 2026 a suspendu temporairement la montée en charge de la réforme 2023 pour certaines générations.
La surcote est-elle intéressante ?
Oui. Chaque trimestre au-delà du taux plein et de l'âge légal majore la pension de 1,25 %, soit 5 % par an. La surcote est sans limite et s'applique à vie.
Peut-on racheter des trimestres d'études ?
Oui. Le rachat est possible pour les années d'études supérieures (max 12 trimestres) et les années incomplètes. Le coût dépend de l'âge et du revenu au moment du rachat.

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