Vous exercez une profession libérale — médecin, architecte, notaire, pharmacien, expert-comptable ? Votre retraite de base est gérée par un organisme unique : la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Professions Libérales (CNAVPL). Un régime par points, des cotisations sur deux tranches, des règles de décote et de surcote spécifiques... C'est le socle commun à toutes les professions libérales, et pourtant il reste méconnu.
La raison est simple : la pension de base ne représente qu'environ 30 % de la retraite totale d'un professionnel libéral. Le reste provient du régime complémentaire, propre à chaque profession. Résultat : beaucoup de libéraux se focalisent sur leur caisse complémentaire et négligent les mécanismes du régime de base. C'est une erreur. Comprendre la CNAVPL, c'est maîtriser le calcul de sa décote, optimiser ses rachats de trimestres et détecter d'éventuelles erreurs sur son relevé de carrière. Ce guide fait le point complet, avec les chiffres 2026.
Qu'est-ce que la CNAVPL et comment fonctionne-t-elle ?
Instituée en 1948, la CNAVPL fédère dix caisses de retraite appelées « sections professionnelles ». Ensemble, elles forment l'Organisation autonome d'assurance vieillesse des professions libérales. Au 30 juin 2024, elle regroupait 878 700 cotisants, 454 813 retraités et 54 634 conjoints survivants bénéficiant d'une pension de réversion.
Le principe est le suivant : la CNAVPL pilote le régime de base, commun à tous les libéraux (hors avocats qui relèvent de la CNBF). Chaque section professionnelle, elle, gère son propre régime complémentaire avec ses règles, ses cotisations et sa valeur de point spécifiques.
| Régime | Part de la pension |
|---|---|
| Régime de base CNAVPL | ~30 % |
| Régime complémentaire (section professionnelle) | ~70 % |
| Pension totale | 100 % |
Les 10 sections professionnelles de la CNAVPL
| Section professionnelle | Professions concernées |
|---|---|
| CARCDSF | Chirurgiens-dentistes, sages-femmes |
| CARMF | Médecins |
| CARPIMKO | Infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes |
| CARPV | Vétérinaires |
| CAVAMAC | Agents généraux d'assurance |
| CAVEC | Experts-comptables, commissaires aux comptes |
| CAVOM | Officiers ministériels, officiers publics, compagnies judiciaires (huissiers, commissaires-priseurs…) |
| CAVP | Pharmaciens |
| CIPAV | Architectes, ingénieurs, consultants, psychologues, géomètres, experts… |
| CPRN | Notaires |
💡 À retenir
Les avocats ne sont pas affiliés à la CNAVPL. Ils relèvent d'un régime autonome distinct : la Caisse Nationale des Barreaux Français (CNBF). Par ailleurs, les micro-entrepreneurs exerçant une activité libérale non réglementée sont rattachés au régime général (CNAV) depuis 2018, sauf s'ils relèvent d'une profession listée à l'article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale.
À quel âge un professionnel libéral peut-il partir à la retraite ?
Les conditions d'âge de la retraite de base CNAVPL sont identiques à celles du régime général. La réforme des retraites de 2023 a progressivement relevé l'âge légal de 62 à 64 ans. Cependant, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a instauré une suspension temporaire de cette montée en charge à compter du 1er septembre 2026.
Tableau des âges de départ (avec suspension LFSS 2026)
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres requis | Âge taux plein auto. |
|---|---|---|---|
| Du 01/01/1955 au 31/08/1961 | 62 ans | 167* | 67 ans |
| Du 01/09/1961 au 31/12/1961 | 62 ans et 3 mois | 169 | 67 ans |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 | 67 ans |
| Du 01/01/1963 au 31/03/1965 | 62 ans et 9 mois ❄️ | 170 ❄️ | 67 ans |
| Du 01/04/1965 au 31/12/1965 | 63 ans | 171 | 67 ans |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 | 67 ans |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 | 67 ans |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 | 67 ans |
| À compter de 1969 | 64 ans | 172 | 67 ans |
*167 trimestres pour les assurés nés entre 1958 et 1960 ; 168 trimestres pour les assurés nés du 01/01/1961 au 31/08/1961.
💡 Impact de la suspension LFSS 2026
La suspension gèle l'âge légal à 62 ans et 9 mois et la durée d'assurance à 170 trimestres pour toutes les personnes nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, pour les départs à compter du 1er septembre 2026. Pour les personnes nées après le 31 mars 1965, une incertitude demeure : le calendrier de montée en charge de la réforme 2023 reprendra ultérieurement, mais la date exacte de reprise et les éventuels ajustements feront l'objet de nouveaux textes législatifs. Les paramètres figurant dans le tableau pour ces générations restent ceux prévus par la réforme 2023, sous réserve de modifications.
Les départs anticipés possibles
Comme dans le régime général, les professions libérales peuvent bénéficier de dispositifs de départ anticipé :
| Dispositif | Conditions principales |
|---|---|
| Carrière longue | Avoir commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans et justifier d'une durée de cotisation minimale |
| Handicap | Justifier d'un taux d'incapacité permanente de 50 % et de durées minimales d'assurance cotisée |
| Inaptitude au travail | Reconnaissance d'inaptitude au travail — taux plein automatique à l'âge légal |
📞 Vous êtes professionnel libéral et approchez de la retraite ?
Obtenez une analyse personnalisée de vos droits CNAVPL et de votre caisse complémentaire. Détection des erreurs, simulation des scénarios, optimisation du départ.
Demander mon bilan retraite →Comment est calculée la pension de base CNAVPL ?
Le régime de base de la CNAVPL est le seul régime de base français à fonctionner par points. Contrairement au régime général des salariés (qui calcule la pension sur les 25 meilleures années), les droits se constituent ici au fil des cotisations annuelles, converties en points.
Pension de base = Nombre de points × Valeur du point × Taux de liquidation
Les trois paramètres du calcul
1. Le nombre de points acquis : il dépend des cotisations versées tout au long de la carrière. Plus le revenu libéral est élevé (dans la limite des plafonds), plus le nombre de points acquis chaque année est important.
2. La valeur du point : elle est fixée chaque année par le conseil d'administration de la CNAVPL. À compter du 1er janvier 2026, la valeur de service du point est de 0,6599 € (source : CNAVPL). Attention à ne pas confondre la valeur de service (ce que rapporte un point lors de la liquidation) avec la valeur d'achat (ce que coûte un point via les cotisations). C'est bien la valeur de service qui est utilisée dans le calcul de la pension.
3. Le taux de liquidation : il dépend de la durée d'assurance (tous régimes confondus). Le taux plein est de 100 %. En cas de trimestres manquants, une décote s'applique. En cas de trimestres supplémentaires, une surcote s'applique.
Cotisations et acquisition des points (2026)
| Tranche | Assiette | Taux de cotisation | Points max./an |
|---|---|---|---|
| Tranche 1 (T1) | 0 à 1 PASS (48 060 €) | 8,73 % | 557 |
| Tranche 2 (T2) | 0 à 5 PASS (240 300 €) | 1,87 % | 25 |
PASS 2026 : 48 060 € — Valeur du point 2026 : 0,6599 €
⚠️ Comment les points sont-ils calculés ?
Pour chaque tranche, le nombre de points attribué est calculé au prorata de la cotisation effective sur la cotisation maximale. Par exemple, si votre revenu est de 35 000 € en 2026, votre cotisation T1 sera de 35 000 × 8,73 % = 3 055,50 €. La cotisation T1 maximale est de 48 060 × 8,73 % = 4 195,64 €. Vous acquerrez donc : (3 055,50 / 4 195,64) × 557 = 406 points (arrondis à la décimale la plus proche).
💡 Astuce : la tranche 2 part de zéro
La T2 s'applique dès le premier euro de revenu, pas uniquement sur la part au-delà du PASS. Concrètement, vous cotisez 8,73 % + 1,87 % = 10,60 % sur vos revenus jusqu'au PASS, puis seulement 1,87 % entre 1 et 5 PASS. Ce système fait que même les faibles revenus génèrent quelques points de T2.
Historique des points maximaux par tranche
| Période | Points max. T1 | Points max. T2 |
|---|---|---|
| Avant 2004 | 100 points par trimestre validé | — |
| 2004 à 2014 | 525 | 25 |
| 2015 à 2024 | 550 | 25 |
| À partir de 2025 | 557 | 25 |
Points gratuits en cas de situation particulière
Le régime prévoit l'attribution de points gratuits dans certaines situations :
| Situation | Points attribués |
|---|---|
| Accouchement | 100 points au titre du trimestre civil de l'accouchement* |
| Invalidité nécessitant tierce personne | 200 points par année civile |
| Incapacité d'exercice > 6 mois | 400 points par année civile |
*Sans que cette attribution puisse avoir pour effet de porter le nombre de points acquis pour l'année considérée au-delà du maximum (582 points pour les accouchements à compter du 1er janvier 2025).
Le cas des deux premières années d'activité
⚠️ Cotisations forfaitaires au démarrage
Durant les deux premières années civiles d'activité, la cotisation de base est calculée à titre provisionnel sur une assiette forfaitaire de 19 % du PASS, soit 9 131 € en 2026, correspondant à une cotisation de 968 €. Cette cotisation est ensuite régularisée une fois le revenu réel connu.
La cotisation minimale
Le montant de la cotisation annuelle ne peut être inférieur à 450 fois le SMIC horaire. Pour 2026, la cotisation minimale s'élève à 573 €. Elle permet de valider 3 trimestres d'assurance retraite pour l'année. Cette cotisation minimale ne s'applique pas aux bénéficiaires du RSA ou de la prime d'activité (sauf demande contraire de l'affilié).
Comment fonctionnent la décote et la surcote à la CNAVPL ?
Le taux de liquidation est le facteur multiplicateur qui s'applique à votre pension. Il est de 100 % (taux plein) si vous avez acquis la durée d'assurance requise pour votre génération, ou si vous avez atteint 67 ans.
La décote : si vous partez trop tôt sans tous vos trimestres
Si vous partez avant d'avoir tous vos trimestres et avant 67 ans, une décote de 1,25 % par trimestre manquant est appliquée. Le nombre de trimestres manquants est calculé de la façon la plus favorable pour l'assuré :
- Soit par rapport au nombre de trimestres requis pour votre génération
- Soit par rapport à l'âge du taux plein automatique (67 ans)
Le nombre maximum de trimestres de décote est plafonné à 20 trimestres, soit une décote maximale de 25 %.
📋 Exemple de décote
Un médecin né en 1966 souhaite partir à 63 ans et 3 mois (son âge légal) mais il lui manque 8 trimestres. La décote sera de 8 × 1,25 % = 10 %. Son taux de liquidation sera donc de 90 % au lieu de 100 %. Toutefois, vérification faite, il lui reste seulement 15 trimestres avant ses 67 ans : c'est le calcul le moins pénalisant (8 < 15), donc ce sont bien 8 trimestres manquants qui sont retenus.
La surcote : si vous travaillez au-delà du taux plein
Si vous continuez à cotiser après avoir atteint l'âge légal ET la durée d'assurance requise, chaque trimestre supplémentaire vous donne droit à une surcote de 1,25 % par trimestre civil cotisé (pour les trimestres cotisés depuis le 1er septembre 2023).
💡 Ancien taux de surcote
Pour les trimestres cotisés entre le 1er janvier 2004 et le 31 août 2023, le taux de surcote était de 0,75 % par trimestre.
La majoration pour enfants
La pension de base est majorée de 10 % pour les assurés ayant eu au moins 3 enfants. Cette majoration concerne les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2023. Elle s'applique exclusivement sur la pension de base CNAVPL ; chaque régime complémentaire applique ses propres règles de majoration pour enfants.
Par ailleurs, les parents bénéficient de majorations de durée d'assurance : 4 trimestres au titre de la maternité (pour la mère), et jusqu'à 4 trimestres au titre de l'éducation (répartissables entre les deux parents, à condition d'en faire la demande avant les 4 ans et demi de l'enfant).
Comment valide-t-on des trimestres en profession libérale ?
La durée d'assurance est comptabilisée en trimestres. Elle correspond à l'ensemble des durées acquises dans le régime CNAVPL et dans tous les autres régimes obligatoires (tous régimes confondus). Attention : les trimestres servent à déterminer le taux de liquidation et les droits au départ anticipé, mais ce sont les points qui déterminent le montant de la pension.
Pour valider des trimestres dans le régime des professions libérales, il faut atteindre un seuil de revenus correspondant à 150 heures de SMIC par trimestre (depuis 2014). Un maximum de 4 trimestres peut être validé par année civile.
Combien touche-t-on du régime de base en profession libérale ?
📋 Profil : Dr Dupont, médecin libéral
Née en 1963, départ à 62 ans et 9 mois au taux plein (170 trimestres validés tous régimes) • 35 ans d'exercice libéral avec revenus supérieurs au PASS • Total de 18 500 points acquis
| Nombre de points | 18 500 |
| Valeur du point (2026) | 0,6599 € |
| Taux de liquidation | 100 % (taux plein) |
| Pension annuelle brute régime de base | 12 208 €/an soit 1 017 €/mois |
Ce montant correspond uniquement au régime de base. La retraite complémentaire (CARMF pour un médecin) viendra s'y ajouter et représentera environ 70 % de la pension totale. Après prélèvements sociaux au taux normal de 9,10 % (CSG 8,3 % + CRDS 0,5 % + CASA 0,3 %), la pension nette de base serait d'environ 924 €/mois. Attention : des taux réduits (CSG à 6,6 % ou 3,8 %) ou une exonération totale peuvent s'appliquer selon votre Revenu Fiscal de Référence (RFR).
⚠️ L'impact de la décote en chiffres
Si le Dr Dupont avait 8 trimestres manquants, sa pension serait réduite de 10 % : 12 208 × 90 % = 10 987 €/an, soit une perte de 1 221 € par an. Sur 25 ans de retraite, cela représente plus de 30 000 € de pension en moins.
Quelles sont les règles de réversion du régime de base CNAVPL ?
| Taux de réversion | 54 % de la pension du défunt |
| Âge minimum | 55 ans |
| Durée de mariage | Aucune durée minimale |
| Conditions de ressources 2026 | 25 001,60 € seul / 40 002,56 € en couple |
| Remariage | Réversion conservée |
| Partage entre ex-conjoints | Au prorata de la durée de chaque mariage |
⚠️ PACS et concubinage : pas de réversion
Les partenaires pacsés et les concubins n'ont aucun droit à la pension de réversion, que ce soit au régime de base ou dans la plupart des régimes complémentaires. Seul le mariage ouvre des droits à réversion. C'est un point de vigilance majeur pour la protection du conjoint survivant.
💡 Réversion du régime complémentaire : des règles différentes
Attention : chaque section professionnelle applique ses propres règles de réversion (taux, âge, conditions de remariage, conditions de ressources). Par exemple, la CPRN des notaires applique un taux de 60 % sans condition de ressources mais avec suppression en cas de remariage. Il est essentiel de vérifier les conditions propres à votre caisse complémentaire.
📊 Besoin d'une estimation personnalisée ?
Nos experts analysent vos relevés de carrière pour optimiser votre stratégie de départ et protéger votre conjoint.
Demander mon estimation →Peut-on cumuler emploi et retraite en profession libérale ?
Les règles actuelles (jusqu'au 31 décembre 2026)
Cumul intégral : sans plafond si toutes les pensions de base et complémentaires ont été liquidées ET si le taux plein est atteint (durée d'assurance suffisante ou 67 ans). Depuis le 1er septembre 2023, le cumul intégral est créateur de droits : les cotisations versées en cumul emploi-retraite permettent d'acquérir de nouveaux droits pour une seconde pension.
Cumul plafonné : si les conditions du cumul intégral ne sont pas remplies, les revenus d'activité libérale sont plafonnés au PASS (48 060 € en 2026). En cas de dépassement, la pension est réduite à concurrence du dépassement.
La réforme du cumul emploi-retraite au 1er janvier 2027
🔔 NOUVEAUTÉ 2027 : Réforme majeure du cumul emploi-retraite
La LFSS 2026 réforme en profondeur le cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2027. Les nouvelles règles s'appliqueront aux personnes dont la première pension prend effet à partir de cette date.
| Situation | Règle applicable à partir de 2027 |
|---|---|
| Avant l'âge légal | 100 % des revenus déduits de la pension (cumul quasi impossible) |
| Entre l'âge légal et 67 ans | 50 % des revenus dépassant un seuil d'environ 7 000 €/an sont déduits |
| À partir de 67 ans | Cumul intégral sans plafond + acquisition de nouveaux droits |
💡 Conseil stratégique
Si vous envisagez de cumuler votre pension avec des revenus d'activité et que vous pouvez liquider votre retraite avant le 31 décembre 2026, les règles actuelles (plus avantageuses) continueront de s'appliquer. Le délai de carence de 6 mois pour reprendre une activité chez le même employeur est supprimé à partir de 2027.
Comment racheter des trimestres et des points en profession libérale ?
Les professions libérales peuvent racheter des trimestres et des points au titre de certaines périodes. Ce dispositif permet de compléter sa durée d'assurance ou d'augmenter le nombre de points acquis.
Périodes rachetables
| Situation | Détail |
|---|---|
| Années d'études supérieures | À condition que le régime des PL ait été le premier régime d'affiliation après les études, et que les études aient abouti à l'obtention d'un diplôme ou à l'admission dans une grande école |
| Années incomplètes | Années civiles d'activité libérale n'ayant pas permis de valider 4 trimestres |
| Exercice à l'étranger | Périodes d'exercice hors de France sous certaines conditions et dans certains délais |
Limite maximale : 12 trimestres rachetables. Deux options de rachat existent :
- Rachat pour le « taux » seul : permet de réduire ou supprimer la décote
- Rachat pour le « taux et la durée » : agit à la fois sur la décote et sur le montant de la pension (plus coûteux)
💡 Jeunes actifs : un tarif préférentiel
Les rachats effectués dans les 10 ans suivant la fin des études bénéficient d'un tarif réduit. Le versement peut être échelonné sur 1, 3 ou 5 ans. En cas d'échelonnement sur plus d'un an, les sommes restant dues sont majorées de 1,3 % en 2026.
Quels sont les droits retraite du conjoint collaborateur ?
Le conjoint collaborateur du professionnel libéral peut cotiser au régime de base de la CNAVPL. Plusieurs options de calcul de la cotisation existent :
- Un quart ou la moitié de la cotisation du professionnel libéral
- Un revenu forfaitaire égal à la moitié du PASS (24 030 € en 2026)
- 25 % ou 50 % du revenu du professionnel libéral
Les conditions d'acquisition de points, de validation de trimestres et de service de la pension sont les mêmes que celles du professionnel libéral. La cotisation minimale est identique : 573 € en 2026.
Comment optimiser sa retraite de base en profession libérale ?
1. Vérifier son relevé de carrière
C'est la première étape, et la plus importante. Les erreurs sur les relevés de carrière sont fréquentes : trimestres manquants, points mal comptabilisés, périodes non reportées... Connectez-vous sur info-retraite.fr pour consulter votre relevé inter-régimes. Comparez-le avec vos avis d'imposition et vos attestations de cotisations.
2. Arbitrer le rachat de trimestres
Le rachat n'est rentable que si vous êtes en situation de décote et si l'investissement est amorti sur votre durée estimée de retraite. Une simulation personnalisée est indispensable pour évaluer le retour sur investissement.
3. Optimiser le niveau de revenu déclaré
Pour les professions libérales, le revenu déclaré détermine directement les cotisations et donc les points acquis. Un revenu artificiellement réduit (par excès de charges déductibles ou de dividendes non soumis à cotisations) peut pénaliser fortement les droits à la retraite.
4. Compléter avec de l'épargne retraite
Compte tenu du taux de remplacement de 30 à 40 % des professions libérales, l'épargne complémentaire est indispensable : Plan d'Épargne Retraite (PER) avec déductibilité fiscale, assurance-vie, SCPI et immobilier pour générer des revenus complémentaires.
5. La surcote : travailler plus pour gagner plus
Chaque trimestre cotisé au-delà du taux plein et au-delà de l'âge légal génère une surcote de 1,25 % sur la pension de base. Quatre trimestres de surcote = 5 % de pension en plus, et ce, de façon viagère.
Peut-on bénéficier de la retraite progressive en profession libérale ?
Depuis la réforme des retraites de 2023, les professions libérales ont accès à la retraite progressive. Ce dispositif permet de réduire son activité tout en percevant une fraction de sa pension, offrant une transition en douceur vers la cessation complète.
💡 Nouveauté 2025 : accès dès 60 ans
Un décret du 23 juillet 2025 a abaissé l'âge d'accès à la retraite progressive à 60 ans (au lieu de 62 ans précédemment), pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2025. C'est une avancée majeure pour les libéraux souhaitant lever le pied progressivement.
Conditions d'accès pour les professions libérales
| Âge minimum | 60 ans (depuis le décret du 23/07/2025) |
| Durée d'assurance | Au moins 150 trimestres tous régimes confondus |
| Condition d'activité | Réduction de la rémunération (les libéraux n'ayant pas de temps de travail défini, c'est le revenu qui sert de référence) |
| Fraction de pension servie | Proportionnelle à la baisse de revenus (entre 20 % et 60 % de la pension selon la réduction d'activité) |
⚠️ Retraite progressive ou cumul emploi-retraite ?
Avec le durcissement du cumul emploi-retraite prévu en 2027 (écrêtement des pensions avant 67 ans), la retraite progressive devient une alternative stratégique particulièrement intéressante. Elle permet de percevoir une fraction de sa pension tout en continuant à acquérir de nouveaux droits, sans pénalisation. Un arbitrage à étudier de près avec un conseiller spécialisé.
Quelles démarches pour liquider sa retraite de base CNAVPL ?
| ✅ 2 à 3 ans avant | Vérifier son relevé de carrière sur info-retraite.fr, signaler les anomalies, envisager les rachats de trimestres |
| ✅ 12 mois avant | Simuler sa pension, déterminer la date optimale de départ, créer son espace sur le portail de sa section professionnelle |
| ✅ 6 mois avant | Déposer sa demande de retraite via info-retraite.fr (demande unique inter-régimes) ou auprès de sa section professionnelle |
| ✅ Pièces justificatives | Pièce d'identité, acte de naissance, livret de famille, RIB, relevés de carrière tous régimes |
| ✅ Date d'effet | Toujours fixée au 1er jour du trimestre civil suivant la demande |
Contacts CNAVPL
📞 Coordonnées utiles
- Site internet : www.cnavpl.fr
- Portail inter-régimes : www.info-retraite.fr
- Adresse : CNAVPL — 102 rue de Miromesnil — 75008 Paris
Pour les questions relatives à votre régime complémentaire, adressez-vous directement à votre section professionnelle (CARMF, CARPIMKO, CAVEC, CIPAV, CPRN…).
Quels sont les points de vigilance du système de retraite libéral ?
❌ Ce que vous ne pouvez PAS faire :
- Transférer ses points d'un régime complémentaire de profession libérale à un autre (CARMF vers CIPAV par exemple)
- Racheter plus de 12 trimestres
- Obtenir une pension de réversion en cas de PACS ou de concubinage
- Choisir de ne pas cotiser au régime de base CNAVPL quand on exerce une profession libérale réglementée
- Obtenir le taux plein automatique avant 67 ans sans la durée d'assurance requise (sauf départ anticipé)
- Cumuler emploi et retraite de façon intégrale sans avoir liquidé toutes ses pensions
Professionnel libéral, optimisez votre retraite dès maintenant
Nous sommes spécialistes des retraites des professions libérales.
Analyse de vos droits CNAVPL et complémentaires • Simulation des scénarios • Détection des erreurs • Accompagnement démarches
Demander mon bilan retraite →Premier échange gratuit pour évaluer vos besoins
Que retenir de la retraite des professions libérales ?
Le régime de base CNAVPL est le socle commun de la retraite de tous les professionnels libéraux (hors avocats). Fonctionnant par points, il représente environ 30 % de la pension totale. Bien que son montant soit modeste, il joue un rôle central dans le calcul de la décote, la validation des trimestres et l'accès aux dispositifs de départ anticipé.
Les points clés à retenir :- ✅ La valeur du point est de 0,6599 € en 2026, avec une cotisation T1 au taux de 8,73 %
- ✅ L'âge légal est actuellement gelé à 62 ans et 9 mois pour les générations 1963 à mars 1965 (suspension LFSS 2026)
- ✅ La pension se calcule : Nombre de points × Valeur du point × Taux de liquidation
- ✅ La décote est de 1,25 % par trimestre manquant (max. 20 trimestres)
- ✅ La réversion est de 54 % sous conditions de ressources (25 001,60 € en 2026 pour une personne seule)
- ✅ Le rachat de trimestres (max. 12) peut être un levier puissant contre la décote
- ✅ La réforme du cumul emploi-retraite 2027 durcit significativement les règles avant 67 ans
- ✅ La majoration de 10 % s'applique dès 3 enfants (pensions prenant effet depuis le 01/09/2023)
- ✅ La retraite progressive est accessible dès 60 ans depuis le décret du 23/07/2025 — une alternative clé au cumul emploi-retraite
Ne négligez pas votre régime de base. C'est souvent là que se cachent les erreurs les plus coûteuses et les leviers d'optimisation les plus méconnus. Prenez les choses en main.
Article publié par Transition Retraite — Février 2026 Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Les informations sont basées sur la législation en vigueur au moment de la rédaction.
Sources officielles : • CNAVPL – Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse des Professions Libérales • CNAVPL – Comprendre sa retraite (valeur du point, âges de départ) • CNAVPL – Préparer sa retraite (cotisations et rachats) • CNAVPL – Situations particulières (cumul emploi-retraite, conjoint collaborateur) • Service-public.fr – Pension de réversion • Info-retraite.fr – Portail inter-régimes • Légifrance
Articles connexes sur Transition Retraite : • Pourquoi faire un bilan retraite ? • La retraite des professions libérales : guide complet • Le système de retraite du notaire libéral
Sources officielles
Article publié par Transition Retraite — Décembre 2025, mis à jour mars 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé.