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Mode d'emploi 15 novembre 2025· Mis à jour 9 mars 2026· 12 min de lecture

Portage salarial et retraite progressive : mode d'emploi

Vous approchez de la retraite et souhaitez réduire progressivement votre activité tout en percevant une fraction de votre pension ? La retraite progressive est un dispositif méconnu mais puissant, surtout en portage salarial où il ouvre des perspectives uniques d'optimisation.

Depuis la réforme 2023, les conditions ont évolué. Ce guide fait le point sur le fonctionnement, les statuts compatibles et la compatibilité réelle avec le portage salarial.

Sommaire de l'article
  1. Comment fonctionne la retraite progressive ?
  2. Statuts compatibles
  3. Portage salarial et retraite progressive
  4. Conclusion
  5. Accompagnement

La retraite progressive connaît un regain d’intérêt depuis la réforme de 2023. Avec l'abaissement de l'âge d'accès à 60 ans depuis le 1er septembre 2025 et l'encadrement renforcé du refus employeur ; ce dispositif devient enfin accessible au plus grand nombre.

Pour les managers de transition  en portage salarial, c’est une opportunité stratégique : conserver un revenu, préserver leur expertise, accompagner la transition en douceur et optimiser les dernières années avant le taux plein... mais aussi un terrain miné juridiquement qui nécessite une vigilance particulière.

Selon l'Assurance retraite, au 31 décembre 2024, 31 368 actifs bénéficiaient d'une retraite progressive (0,2 % des retraités du régime général). En 2024, 17 700 nouvelles retraites progressives ont été attribuées, un chiffre en forte hausse depuis l'assouplissement des règles. Dans le même temps, le portage salarial poursuit son expansion, notamment chez les 51–60 ans, cœur de cible du dispositif.

Ce guide clarifie le fonctionnement de la retraite progressive en portage salarial, ses avantages, ses pièges juridiques, et les stratégies d’optimisation pour une fin de carrière maîtrisée.

Comment fonctionne la retraite progressive ?

Les conditions légales

Depuis le 1er septembre 2025 ; pour bénéficier de la retraite progressive, vous devez remplir quatre conditions cumulatives :

  • Avoir au moins 60 ans (quelle que soit votre année de naissance, selon le décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025) • Justifier d’au moins 150 trimestres validés tous régimes confondus ; •  Exercer une activité professionnelle réduite entre 40 % et 80 % d’un temps complet  (50 % à 90 % pour les fonctionnaires); • Pour les salariés,  disposer d'un contrat salarié (CDD ou CDI) ; pour les TNS (travailleurs non-salariés) justifier d’une baisse de revenus professionnels.

Obtenir l’accord de votre employeur : vos droits renforcés

La retraite progressive nécessite un passage à temps partiel. Vous devez d’abord obtenir l’accord de votre employeur en lui adressant une demande écrite au moins 2 mois avant la date souhaitée. Si votre employeur ne répond pas dans les 2 mois, son silence vaut acceptation tacite.

Depuis la loi n° 2025-889 transposant l’ANI du 14 novembre 2024 sur l’emploi des seniors, l’employeur doit désormais justifier son refus par des motifs objectifs et légitimes (organisation du service, continuité de l’activité, contraintes économiques, etc.)

Si vous êtes déjà à temps partiel entre 40 % et 80 %, l’accord de votre employeur n’est pas nécessaire ; une simple attestation de votre quotité de travail suffit.

Le fractionnement de votre pension : calcul et implications

Pendant la période de retraite progressive, vous percevez une fraction de votre pension de retraite (base + complémentaire) calculée selon la formule :

Fraction de pension = 100 % - Quotité de travail

Par exemple ; pour un temps partiel à 60 %, vous percevrez 40 % de votre pension théorique et si vous exercez à 40% ; vous en percevrez 60 %.

Point d’attention : votre pension est provisoire et calculée sur les droits acquis à la date d’entrée en retraite progressive. Si vous n’avez pas le taux plein, une décote  s’applique pendant la période de retraite progressive. Cette décote est révisée ou disparaît lors de la liquidation définitive si vous avez alors atteint le taux plein.

La continuité  dans l’acquisition de vos droits

Pendant la retraite progressive, vous continuez à cotiser au régime général et à l’AGIRC-ARRCO. Vous validez des trimestres et acquérez des points de retraite complémentaire qui amélioreront votre pension définitive.

Attention : Le passage de la retraite progressive à la retraite définitive nécessite une démarche active de votre part ; elle n’est pas automatique.

Quels statuts sont compatibles avec la retraite progressive ?

Les salariés en CDI ou CDD à temps partiel dès lors qu’ils justifient d’un contrat de travail et d’une quotité de travail comprise entre 40 % et 80 %.

Les fonctionnaires des trois versants de la fonction publique (État, territoriaux et hospitaliers) sont éligibles depuis septembre 2023, suite à l’extension du dispositif par la réforme des retraites. Ils doivent toutefois respecter une quotité de travail différente, comprise entre 50 % et 90 % d’un temps plein.

Les agents des régimes spéciaux peuvent également accéder à la retraite progressive depuis 2023. Chaque régime applique des modalités spécifiques qu’il convient de vérifier au préalable.

Les exploitants agricoles, artisans et commerçants affiliés à la MSA ou à la SSI peuvent bénéficier du dispositif sous conditions spécifiques. Ils doivent notamment justifier d’une réduction effective de leurs revenus professionnels comprise entre 20 et 60 %.

Les travailleurs non-salariés (TNS) : artisans, commerçants et exploitants agricoles affiliés à la SSI ou à la MSA peuvent bénéficier de la retraite progressive depuis 2023. Pour eux, la réduction d'activité se mesure par la baisse de leurs revenus professionnels, qui doit être comprise entre 20% et 60% par rapport à la moyenne des revenus des 5 dernières années

Les auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs peuvent également accéder à la retraite progressive, selon les mêmes modalités que les TNS. Le montant de la pension versée correspond au pourcentage de baisse des revenus constatée. Par exemple, une baisse de revenus de 30% ouvre droit à 30% de la pension théorique.

Les gérants majoritaires de SARL ou d’EURL relevant du régime TNS, sont éligibles dès lors qu'ils réduisent leur rémunération dans les proportions requises (20% à 60%) par rapport à la moyenne des revenus des 5 dernières années et exerçant cette activité à titre exclusif.

Les présidents de SAS ou de SASU, sont assimilés salariés pour le régime général. Depuis 2023 ils peuvent accéder à le retraite progressive à condition de justifier d’une baisse de leurs revenus comprise entre 20 et 60%.

Peut-on bénéficier de la retraite progressive en portage salarial ?

En théorie : tous les attributs de la compatibilité

Le portage salarial présente tous les critères de compatibilité. Le consultant porté dispose d’un statut de salarié avec un contrat de travail en bonne et due forme (CDI ou CDD). Il cotise au régime général de la Sécurité sociale et à l’AGIRC-ARRCO dans les mêmes conditions qu’un salarié classique. Ses bulletins de salaire sont conformes aux exigences de la CNAV et attestent de ses cotisations retraite.

En pratique : une compatibilité nuancée

La  réalité administrative et juridique reste sujette à interprétation. En effet, chaque demande auprès de la CNAV (ou de la CARSAT)  fait l’objet d’un contrôle de la quotité de travail, car la fluctuation des missions en portage rend difficile la justification d’un temps partiel contractuel stable. Le dossier doit comporter un avenant décrivant précisément le volume horaire régulier et résulter d’un accord formel avec la société de portage.

La difficulté juridique est la suivante : l’existence d’un temps partiel contractuel stable et formalisé.  Or la durée du travail du consultant porté dépend directement des prestations qu’il réalise pour ses clients. Elle varie en fonction du volume d’affaires et ne constitue pas un temps partiel contractuel au sens strict. Il est donc très difficile de justifier, auprès de la CNAV, d’une quotité de travail fixe et stable comprise entre 40 % et 80 %, condition pourtant indispensable à l’accès au dispositif.

Les risques financiers

Si la retraite progressive vous est accordée, puis que la CNAV constate lors de ses contrôles l’absence de temps partiel réel au sens du Code du travail, elle peut suspendre le versement de votre pension avec obligation de rembourser les sommes perçues indûment. Ce risque financier peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros selon la durée écoulée depuis l’attribution.

À ce jour, il n’existe pas de refus général mais bien une appréciation au cas par cas. Avant toute prise de décision, il est recommandé de vous faire accompagner afin d’éviter tout risque de refus ou de suspension.

Stratégies d’optimisation pour les managers de transition en portage

Choisir le bon taux : 60 % l’équilibre idéal ?

Le choix de la quotité de travail (40 %, 50 %, 60 %, 70 % ou 80 %) est stratégique. Un taux de 60 % représente souvent l’équilibre judicieux entre la perception d’un revenu suffisant, la validation efficace de trimestres et l’acquisition de points de retraite complémentaire.

Mais ce choix dépend de votre situation personnelle : nombre de trimestres manquants, âge d’entrée, montant de la pension provisoire, revenus nécessaires… Une simulation personnalisée est indispensable pour identifier le taux optimal dans votre cas.

La surcotisation : maximiser vos droits futurs

Avec l’accord de votre employeur, vous pouvez cotiser sur la base d’un temps plein plutôt que sur votre temps partiel réel. Cette surcotisation permet de valider 4 trimestres par an, et d’acquérir davantage de points AGIRC-ARRCO.

Cette stratégie a un coût (cotisations plus élevées prélevées sur votre salaire), mais elle améliore significativement votre pension définitive. L’arbitrage entre coût immédiat et gain futur nécessite une analyse financière précise adaptée à votre profil.

Optimisation fiscale

Le cumul pension + salaire augmente votre revenu imposable et peut vous faire changer de tranche d’imposition. L’impact fiscal peut être substantiel si vous n’anticipez pas cette situation.

Si votre société de portage propose une épargne salariale ou un PER collectif, ces dispositifs peuvent s’intégrer dans une stratégie globale d’optimisation. Mais attention : tous les leviers ne sont pas adaptés à toutes les situations. Une analyse personnalisée permet d’identifier les optimisations réellement pertinentes dans votre cas.

Que retenir de la retraite progressive en portage salarial ?

La retraite progressive devient en 2025 une opportunité réelle pour les managers de transition, les seniors en portage salarial à condition d’anticiper, de clarifier contractuellement la quotité de travail et de sécuriser chaque étape. L’anticipation, la simulation, la sécurisation des contrats et l’accompagnement par un expert restant des préalables incontournables pour transformer cette opportunité en succès.

Votre situation nécessite une analyse experte

Vous vous interrogez sur votre éligibilité réelle ? Votre statut en portage salarial est-il compatible ou risqué ? Quelle quotité choisir pour optimiser votre situation ? Comment éviter les pièges de suspension ? Quel impact fiscal anticiper ?

Bénéficiez d'un entretien découverte gratuit de 20 minutes avec un expert retraite spécialisé en fin de carrière. Nous analysons ensemble votre situation professionnelle, vérifions votre éligibilité réelle et identifions les éventuels obstacles juridiques avant qu'ils ne deviennent des problèmes.

Comment Transition Retraite vous accompagne ?

Nous accompagnons les managers de transition et consultants en portage salarial à travers:

  • Bilans stratégiques de fin de carrière : analyse complète de votre situation, identification des optimisations possibles, simulation de scénarios personnalisés
  • Aide à la liquidation : constitution du dossier, vérification des relevés de carrière, optimisation du timing de départ
  • Récupération des droits internationaux : démarches spécifiques pour les carrières à l'étranger, obtention des documents nécessaires
  • Vision 360° patrimoniale : intégration de la retraite obligatoire, de l'épargne retraite (PER), de l'épargne salariale

Ne prenez pas le risque d'un refus, d'une suspension ou d'une obligation de remboursement. La retraite progressive mal préparée peut vous coûter plusieurs années de revenus et compromettre votre fin de carrière. Un expert retraite sécurise votre projet et maximise vos droits.

Quelques exemples de notre accompagnement

Anne, 61 ans, manager en transition

Problème : Il lui manque plusieurs trimestres pour atteindre le taux plein

Notre accompagnement : Stratégie personnalisée de retraite progressive avec choix optimal de la quotité

Résultat : Évitement de la décote et amélioration significative de sa pension définitive

Karim, 63 ans, consultant IT

Situation : A déjà atteint le taux plein mais souhaite réduire progressivement son activité

Notre accompagnement : Analyse du timing optimal et simulation des impacts financiers

Résultat : Transition douce vers la retraite avec optimisation fiscale et amélioration de la pension 

 Chaque situation est unique. Ces exemples illustrent la diversité des profils et la nécessité d'une approche personnalisée.

  • L'Assurance Retraite – Retraite progressive
https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/sites/pub/home/actif/je-souhaite-partir-plus-tot/retraite-progressive.html
  • AGIRC-ARRCO  –  Normes et explicatifs sur les retraites complémentaires, notamment la circulaire 2025-14-SG-DRJ du 25 août 2025 sur la retraite progressive.
https://www.agirc-arrco.fr/storage/2025/03/Circulaire_Agirc-Arrco_2025_14_SG-DRJ.pdf
  • CFDT Retraités – Fiche 25 Retraite progressive
https://www.xn--cfdt-retraits-mhb.fr/25-La-retraite-progressive
  • Ministère du Travail – La retraite

https://travail-emploi.gouv.fr/le-temps-partiel-amenage-des-50-ans-et-plus

  • Ministère du Travail – Le portage salarial travail-emploi.gouv.fr

 https://travail-emploi.gouv.fr/le-portage-salarial

  • Décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025 (Journal Officiel du 23 juillet 2025)

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051942071: texte réglementaire fixant les modalités d’accès à la retraite progressive.

  • SRE (Service des Retraites de l’Etat)  – La retraite progressive
        https://retraitesdeletat.gouv.fr/actif/lage-de-depart/la-retraite-progressive :

Sources officielles

Article publié par Transition Retraite — Novembre 2025, mis à jour mars 2026. Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé.

Questions fréquentes

La retraite progressive est-elle possible en portage salarial ?
Oui, depuis la réforme 2023, mais c'est une zone grise juridique. Le portage est compatible à condition de passer formellement à temps partiel (entre 40 % et 80 %) avec un avenant au contrat.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de la retraite progressive ?
Il faut avoir atteint l'âge légal moins 2 ans, justifier de 150 trimestres minimum, et travailler à temps partiel entre 40 % et 80 % d'un temps complet.
Continue-t-on à acquérir des droits retraite en retraite progressive ?
Oui. Vous continuez à cotiser et à acquérir de nouveaux droits. À la liquidation définitive, votre pension est recalculée avec tous les points accumulés pendant la période de retraite progressive.
Quelle fraction de pension perçoit-on ?
La fraction correspond à 100 % moins votre quotité de travail. Si vous travaillez à 60 %, vous percevez 40 % de votre pension. Si vous travaillez à 40 %, vous percevez 60 %.
Retraite progressive ou cumul emploi-retraite : que choisir ?
La retraite progressive permet de continuer à acquérir des droits. Le cumul emploi-retraite nécessite de liquider définitivement toutes ses pensions. Le choix optimal dépend de votre nombre de trimestres, de votre âge et de vos objectifs financiers.

Retraite progressive en portage : quelle stratégie adopter ?

Nous analysons votre situation et comparons les scénarios pour maximiser votre pension.

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